Certains projets commencent sur un coup de tête—simplement parce qu’un matériau éveille quelque chose en nous. C’est exactement ainsi qu’est né ce gilet.
Dès que j’ai touché ce fil—un mélange coton/acrylique de 2 mm normalement destiné au crochet—j’ai eu un coup de cœur. Il était léger, doux, avec une belle élasticité et une teinte audacieuse couleur marmelade. Impossible de résister.

Bien sûr, ce type de fil n’est pas conçu pour le macramé. Il est très souple, légèrement extensible et ne pardonne pas les tensions irrégulières. Mais c’est justement ce qui m’a poussée à ralentir et à porter toute mon attention sur chaque geste. Ce projet m’a obligée à sortir du pilotage automatique, à observer de près, à ajuster constamment et à expérimenter. Et grâce à cette attention particulière, j’ai pu vraiment jouer avec les textures.
Je ne vais pas mentir—le processus a pris du temps. J’ai commencé autour du 20 mai et j’ai terminé tout juste à temps pour l’été. Mais je suis fière du résultat. Ce gilet m’a appris énormément, et j’aimerais partager ce que j’ai découvert avec ce fil peu conventionnel—des ajustements techniques, des erreurs à éviter, et quelques trouvailles que je compte bien réutiliser.
Les défis… et ce que j’aurais pu faire autrement
La conception
J’avais une idée générale en tête. J’ai griffonné un croquis rapide, noté quelques idées et pris des mesures de base : la largeur d’épaule à épaule, la hauteur désirée, et les emplacements des ouvertures pour les bras et l’encolure

J’ai calculé les longueurs de corde selon les méthodes traditionnelles (j’en parle plus en détail dans mon article ‘‘Maîtrisez la longueur parfaite de corde pour des projets de macramé époustouflants”), puis je me suis lancée.
Mon plan était de monter les cordes sur un fil horizontal pour créer deux sections avant et une section arrière. Une fois arrivée aux emmanchures, j’ajouterais des cordes pour former les côtés et relier l’avant à l’arrière. Une méthode assez classique pour ce genre de pièce.
Ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’un fil aussi fin, avec de l’espace entre chaque brin, ne remplirait pas les zones de manière uniforme sans déformation. J’ai donc dû ajouter des cordes pour combler les vides.





J’ai ensuite suivi le fil de l’inspiration pour la première section avant. J’ai noué… puis dénoué… plusieurs fois. Les nœuds baguette m’ont donné du fil à retordre : ce fil souple et fin ne donnait pas la structure souhaitée—sauf si je l’associais à une corde de remplissage plus épaisse et plus rigide. Cette petite astuce m’a permis d’avoir une base solide, mais j’ai fini par éviter les nœuds baguette dans le reste du motif pour préserver la légèreté du gilet, ce qui était un de mes objectifs principaux.


Ensuite, j’ai réalisé la deuxième section avant, puis je me suis attaquée au dos. Je voulais que son motif fasse écho à l’avant, sans être identique—même chose pour les côtés.
Enfin, j’ai préparé et cousu les bordures.
Les difficultés rencontrées
Au moment de coudre les bordures, j’ai réalisé que c’était beaucoup plus difficile dans les zones où le motif était ajouré.
Ce que j’aurais pu faire autrement :
- Introduire le motif triangle/losange après quelques rangées de nœuds plats alternés. Cela aurait créé une structure plus régulière et encadrée, facilitant la couture.

- Pour la combinaison verticale de spirales et de nœuds plats, j’aurais dû inverser la séquence—coudre à travers les spirales est beaucoup plus complexe que dans les nœuds plats.


Section avant avec bordure — le bord est stabilisé et bien structuré, ce qui maintient la forme du vêtement. Section avant sans bordure — bord brut qui a tendance à s’enrouler vers l’intérieur.
- Sur les côtés, j’avais commencé avec des nœuds plats individuels, pensant les laisser tels quels. Mais les bords autour des emmanchures paraissaient étranges… alors j’ai fini par tout recouvrir. Là encore, ce n’est pas le motif le plus facile à assembler.
La prochaine fois, je :
Prendrais plus de corde dès le départ pour dessiner les bords des emmanchures, en pensant à la longueur nécessaire pour construire les côtés. Je coudrais d’abord les bordures, puis j’ajouterais des nœuds plats à la hauteur désirée, en utilisant toutes les cordes pour relier l’avant et l’arrière.


Ajustement et installation
Puisqu’il s’agit d’un vêtement, des essayages réguliers étaient essentiels pour vérifier les proportions et l’ajustement. Je n’ai pas de mannequin, donc j’ai fixé ma pièce sur un bâton. Les amateurs de macramé savent à quel point il est crucial de stabiliser son travail… mais quel casse-tête de le décrocher à chaque essayage, puis de le réinstaller!
Parfois, je pensais que tout était bien en place… et je découvrais que non—la tension était mauvaise et tout était décalé.
Ce que j’aurais pu faire :
- Acheter un mannequin (je vais le faire!). Un vêtement suit les formes du corps—pouvoir l’épingler, l’ajuster et observer son évolution change tout. Avec un mannequin, j’aurais peut-être ajouté quelques cordes au niveau des hanches pour un tombé moins carré et plus ajusté.
- Travailler chaque section à plat, une à la fois, puis les assembler par la suite. Cela aurait simplifié l’installation, réduit les problèmes de tension, et m’aurait évité de défaire/recommencer certaines parties—car chaque reprise modifie la texture d’un fil aussi délicat.
En conclusion
Quand on démarre un projet avec un matériau qu’on n’a jamais utilisé, il est difficile de tout anticiper. Ce que je n’ai pas fait—mais que j’aurais dû—c’est créer un petit prototype. Un mini gilet (même taille poupée!) m’aurait permis de tester le processus, d’ajuster quelques détails de design et d’éviter bien des essais/erreurs.
Cela dit, je suis très heureuse du résultat final—mais encore plus de tout ce que j’ai appris en cours de route.
Un dernier conseil : prends des notes à chaque étape. Tu es ton meilleur prof.
Des détails dont je suis particulièrement fière:
- Parmi les détails dont je suis particulièrement fière, il y a la bordure au bas de la pièce. J’ai créé une lanière en nœuds plats que j’ai ensuite cousue en l’étirant légèrement. Cela lui donne un rendu complètement différent de celui des bordures de l’ouverture à l’avant, qui sont également faites de lanières en nœuds plats. J’ai pu le faire parce que les sections avant du gilet sont indépendantes du panneau arrière à la base. Sinon, étirer la bordure aurait fait gonfler l’ourlet du gilet — ce que je voulais absolument éviter.

- J’adore la façon dont chaque motif se fond dans le suivant, créant une belle harmonie.


- Et, cerise sur le gâteau, j’adore la petite décoration pour chapeau que j’ai réalisée avec des restes de corde. Son bord façon corail pour une touche estivale.




note personnelle
Ce que je partage ici est le fruit de mon propre parcours. J’explore la vie à travers des lectures, des podcasts, des conversations, des documentaires… et surtout, à travers l’expérience. Je ne suis experte en rien, mais j’aime tester, observer, ajuster, et retenir ce qui me fait du bien. Si mes découvertes peuvent résonner avec toi ou t’inspirer à essayer quelque chose de nouveau, alors j’en serai heureuse.



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